J’ observe à nouveau le tissu. Ce motif, ces fils brisés, cette absence... Tout semble raconter une histoire, mais laquelle ?
"Qui a enlevé cette partie ?" Je demande enfin.
Takumi me fixe un instant, son regard ancré dans le mien. Puis il répond, presque dans un murmure :
"Mon maître."
Le silence s’étire entre nous. Puis, d’un geste fluide, il désigne la bobine de fil doré devant moi.
"Si tu veux comprendre, répare-le. Mais ne cache pas le vide. Intègre-le."
Je sens que c’est le véritable enseignement. Ce n’est pas qu’un test d’artisanat, c’est une transmission plus profonde :
Le vide a du sens. Il faut apprendre à le voir, à l’accepter.
La réparation ne consiste pas à effacer, mais à honorer ce qui a été.
Chaque fil que j’ajoute changera l’histoire de ce tissu.
Je prends la bobine de fil doré. C’est à moi de décider comment refermer ce vide.